les yeux qui pensent

...

mardi 26 septembre

Québec (suite)

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Contre-nature morte
Mystère de la Création,vision d'une réalité hors du temps qui a existé une fraction de seconde,
et qui jamais plus n'existera dans l'Univers tout entier ...

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mercredi 19 avril

Hortillonnières

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Au cours de ce long week-end pascal, découverte des hortillonnières d'Amiens,
vaste réseau de canaux le long de la Somme, découpant des dizaines d'ilôts parsemés de dizaines jardins maraichers ou d'agréments,
en pleine ville, à deux pas de la cathédrale.
puis ballade sur le chemin de hallage,
et arrêt devant ce court ponton surplombé d'une porte,
devant laquelle nous pouvions nous sentir libres dedans, ou bien enfermés dehors !
reflexion faite après avoir vu cet OVNI-Dupontelesque cinématographique le choix se pose toujours ...

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lundi 27 mars

Si récent et déjà si loin

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Après six jours loin des foules parisiennes, que reste t-il ?
- ce slogan à sens multiple sur l'autoroute "prenez le temps de rester en vie",
- la foule vacancière à l'accueil,
- la foule affamée se ruant sur les buffets "No limit",
- les foules endimanchées se forçant à s'animer en soirée
- les foules de rustres russes sans gêne,
- les foules de promeneurs lyonnais, bourguignons, yonnais, admirant le flot autoroutier sur les ponts,
mais surtout,
- ces pistes quasi désertes parcourues sous la purée de pois, la grèle, la neige, le soleil de plomb,
- cette gamelle mémorable légère glissade sur cette colline ce précipice vertigineux vierge de traces,
- cette gamelle mémorable légère glissade à la fin de ce p... de tire fesses de m...,
- ces moments de pleinitude partagée sur les pistes multicolores et les zones de poudreuse,
- ces discussions prises de tête sur le ratio charme/beauté de Daniel A,Carole B,Hugh G(beurk),Uma T, nous,Brad P,...
- le moment tant attendu du thé de 17h30,
- le thé de 17h30 entrecoupé de slalom entre les canapés après Jadounette,
- le diner entrecoupé de slalom frénétique entre les tables après Jadounette,
- cet arrêt en urgence à la fin des 17 virages de la redescente, très moyennement digérés par Jadounette,
- ce bronzage hésitant entre le teint hâlé du vieux loup de mer, et des plaques de croûtes.

Que du bonheur ...

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lundi 09 janvier

Prix du souvenir

Comme quoi la valeur des souvenirs peut se mesurer : il y  quelques années alors résident parisien, j'appelais depuis mon lieu de travail le cours de dessin situé en bas de chez moi pour une inscription. Au cours de la discussion, je précise à mon interlocutrice que j'habite en bas de son atelier, celle-ci me réponde alors tout de go :
"hé dites donc c'était la tour infernale chez vous aujourd'hui !"
...
"Comment ça ?"
"ben oui, y a des appartements qui ont brulé, les pompiers ont barré la rue toute l'après-midi"
la respiration un peu courte je raccroche poliment et appelle le concierge.
"oui bonjour mr Jad à l'appareil, locataire du 6e, j'ai appris pour l'incendie, je voudrais savoir si mon appartement a été touché"
"Ho ben je ne crois pas"
(comme quoi une réponse négative n'efface pas complètement l'affirmative)
Je quitte prémaurément mon travail pour aller me rendre compte de visu.

Méditatif dans le RER, je me demande pour le coup quelles sont les choses que je regretterai le plus de perdre dans un incendie : ma chaîne HiFi, mes quelques meubles, mes CD, mes fiches de paie, mes papiers ...
Sans hésitation j'opte pour mes albums photos de voyage, à mes yeux supports d'énormes souvenirs personnels.

Finalement, je retrouve mes photos intactes, soulagé je file décharger mon excès d'adrénaline à la salle de sport.

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vendredi 01 juillet

Ballades les yeux fermés (2)

L'assise est tendue, sur l'avant du fauteuil, le dos droit raidi par une envie retenue de s'abandonner. La main se pose à plat sur le sommet du crâne et sa pression guide sans brusquerie la tête vers l'arrière, le dos se relache alors et suit le mouvement. Au contact froid, tresaillement imperceptible, puis rassuré le corps cesse de lutter : les épaules et la nuques se posent et s'étalent sur le pourtour de la vasque de procelaine, le dos s'enfonce langoureusement sur un dossier rembourré, et les doigts se déroulent au contact des bras tièdes du fauteuil.

Le jet jaillit, mélange d'eau et d'air qui résonne dans la vasque, brouille l'origine du son et entoure la tête d'un sonorité de cascade l'isolant encore un peu plus des pétarades urbaines. l'eau glisse d'abord sans mouiller sur la chevelure gonflée, puis du plat du plat de la main, elle caresse les boucles sèches, l'eau ainsi guidée envahit doucement le labyrinthe capillaire jusqu'au au crâne. Elle est bonne, d'une fraicheur indéterminée entre le froid et le tiède.

Arrêt brusque du bruit de cascade, ... , l'oreille se tend, l'esprit attend. Les deux mains se posent sur les cheveux mouillés et diffusent une sensation de froid glissant, par des gestes lents et doux mais dénué de contacts francs. Puis les doigts entrent en action, leur extrémité tendus parcourent les tempes en massages circulaires puis remontent vers le sommet du crâne. Le geste est rassurant les extrémités des doigts se rapprochent et s'éloignent dans une ronde infiniment lente. L'esprit est alors complètement déconnecté du passé et du futur, ouvert à tous les vents et simplement dans le moment présent. Puis ils finissent leur course sur l'arrière dans un ultime affouissement de la nuque d'ou part un bref frisson qui va mourir le long de la colonne vértebrale.

Le jet revient accompagnée de la même main lente et dépassionnée, puis se tait définitivement. la main se saisit de la chevelure et dans un geste empli de tact, la presse doucement pour en extirper les quelques gouttes excédentaires . La serviette sèche enveloppe enfin la tête et dans un mouvement dodelinant lui procure un dernier étourdissement avant de la réveiller tout à fait.

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lundi 27 juin

Au bureau les yeux fermés

Le doux cliquetis des doigts courant sur le clavier s'interrompt, la douce mélodie téléphonique vient de sonner, il décroche "collègue de bureau de Jad j'écoute !". Selon l'interlocuteur, la modulation de sa douce voix effeminée varie : posée et procédurale pour évoquer l'avance du dossier X. Accelérée, ponctuée d'accentuations et d'intonations langoureuses à l'écoute d'une copine du boulot. Muée en voix de basse confidentielle lors des appels de son cher et tendre...

Puis la valse digitale reprend ponctuée par quelsques soupirs d'aise ou d'agacement. La sourde rumeur de la climatisation domine les débats. Dans les couloirs les pas se succèdent : frénétique et zélé accompagné d'onomatopées chargées de stress, débonnaire au sortir de réunion dont la tension est déchargé par l'évocation d'anecdotes légères. Faussement bon-enfant pour les réunions d'avancement bi-mensuelles dont l'inutilité confine au sublîme.

Quelques passages de groupe en accéléré révèlent un problème surgi d'on ne sait ou, les voix se dressent tendues par l'urgence, les sonneries de portables s'agitent frénétiquement ...

Puis vers 16h00 la porte principale baille un vague appel d'air puis se referme en ululant doucement, les voix portées jusqu'à la machine à café se détendent et se constellent d'éclats de rire, avant de s'eteindre doucement derrière un nouveau ululement.

Pendant ce temps, la tête droite, suspendue au ciel par un fil, je compte lentement jusqu'à cinq en respirant par le ventre...

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Ballade les yeux fermés

Première note les yeux fermés.

Ce samedi là, le sable crissait doucement sous la semelle. D'ailleurs celle-ci remontait à chaque pas en claquant doucement sur le talon.  Seule quelques lointaines rumeurs et les vols nerveux des taons vient percer le couvercle de chaleur. Les variations de chaleur sur mon front indiquent une entrée en sous-bois. Puis craquements proches, chants d'oiseaux assourdis, absence de brise, signalent un sous bois-touffu secret détenteur des sentiers de rammasseur de girolles.

Soudain l'air se refroidit, un canard surpris me vole dans les pieds pour allers se reposer sur le plan d'eau plus loin sur la gauche. Au dessus de ma tête, un grondement persistant s'atténuant lentement très loin vers la droite, bientôt couvert par le doux ressac des ajoncs.

Le crissement doux du sable, laisse place à la dure mollesse du gravier, heurtant puis cédant sous le talon. Puis c'est le silence du pas sur l'asphalte retrouvé. J'ôte mes nus-pieds que je pose sur la poussette d'ou me parviennent régulièrement quelques soupirs discrets entrecoupant une respiration apaisée. Le contact du sol procure au pied nus picotements léger, puis à mesure que la foulée se déroule la franchise du contact s'affirme.

Enfin l'air s'ouvre, un doux bruissement venu d'au dessus de ma tête me parvient, le chant des oiseaux prend de l'ampleur et me parvient éclant à travers l'espace, une brise chaude me caresse les tempes atténué par une ombre aérée, j'arrive dans la haute pinède, dont je bientôt sortir pour rejoindre les bruits claquemurés du village ...

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